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par

Anne LORIENT

 

    Aujourd’hui j’ai 57 ans. Mon corps est une chose étrangère à ma conscience, pourtant j’arrive à un âge où les bobos surviennent ; alors je les soigne machinalement, comme s’il appartenait à une autre personne.

    Depuis l’âge de 6 ans, je vis dans une enveloppe corporelle inconnue. Un soir, un adolescent de ma famille en a pris possession. Chaque soir, seul ou avec ses amis, contre quelques centimes. Je suis devenue une poupée de chiffon, retournée dans tous les sens, avec des grands yeux choqués, sans parole, menacée si je parlais.

    Comprenant que seul mon corps intéressait, je m’abimais exprès, je tombais, je me mutilais, j’essayais d’attirer l’attention de mes parents, de mes professeurs mais rien … ce corps était une prison visitée chaque soir entre mes larmes silencieuses et mes cris étouffés de douleur.

    Puis un soir, apparemment lassé de mon corps, le Monstre a décidé de s’en prendre à ma petite sœur et à mon petit frère. Innocents. Plus pour longtemps. Alors je me proposais à leur place, je les cachais. Mes parents voyaient sans voir. Souvent absents, ils n’imaginaient pas l’enfer que je vivais. A force d’actes buccaux forcés, je perdais mes dents, ma mère m’envoyait chez le dentiste en se moquant de moi, je mangeais trop de bonbons…

    Seul mon cerveau m’appartenait encore, mes pensées, presque parfois des rêves de partir loin dans un monde de conte de fées, dans une ville pleine de plages de sable fin… loin de la grisaille du nord de la France où je vivais.

    A l’école, évidemment, je dormais, j’étais rebelle, je parlais peu et je pleurais beaucoup. Mes parents souvent convoqués parlaient d’un parfait équilibre familial. Je bouillonnais. Je me souviens même d’une gifle violente envoyée par ma mère en me disant devant un professeur que je lui faisais honte. La brûlure sur ma joue est restée longtemps, une trace de plus sur mon corps de petite fille.

    Mon enfance et mon adolescence se sont passées lentement, tellement lentement. Mon corps ne m’appartenait pas, il était outil de sexe. J’étais proposée dans le village à qui voulait. Je croyais protéger les petits de ma famille, j’ai su plus tard que je n’avais pas réussi.

    Mon corps de petite fille se transformait au grand plaisir de tous, des seins plus que généreux, mes règles arrivaient et me donnaient quelques jours de répit.

    Evidemment tout se passait sans contraception et je me suis vite retrouvée avec un corps arrondi, avec des nausées à n’en plus finir. J’étais éloignée de tout et surtout de tout adulte qui aurait pu identifier une grossesse.

    Alors au collège, j’allais à la bibliothèque voir des livres, pas pour les lire, juste voir les images… Mon cerveau refusait d’allier des mots, des lettres avec mon état. Je comprenais qu’un corps grandissait dans mon corps comme un Alien. Encore plus de traces des agressions sexuelles que je subissais. Je rentrais dans une phase de colère immense, contre mon corps, contre moi, contre lui, contre eux …

    La seule issue était la mort de mon corps. Je ne faisais pas le lien entre mon cerveau et mon corps. Cela a l’air naïf quand ce soir je l’écris mais mon illettrisme, mon manque de connaissance me rendaient vulnérable.

    Alors je suis montée dans un arbre. Et me suis laissée tomber. De haut, très haut. Un plongeon pour dire à ce bébé que, non, je ne le laisserais pas vivre sans amour comme je vivais, que la vie n’en valait vraiment pas la peine. Les pompiers sont vite arrivés, mon corps a été vidé de cet être. Mon corps désarticulé appelait au secours, il n’a pas été entendu évidemment. Peut-être était-ce de ma faute. Devenue plus que sauvage, je me murais dans mon silence même si au fond de moi je mourais d’envie de crier si fort.

    Ce genre d’épisodes de grossesses avortées s’est répété maintes et maintes fois. Mon corps était devenu une serre à bébés, un passage béant pour tous …

    Et puis un jour j’ai eu 18 ans. La majorité pour agir, pour penser, pour devenir citoyenne d’un monde qui me violait au quotidien.

    J’ai préparé ma valise, j’ai regardé mon corps et je lui ai promis qu’on allait se reposer, loin de toutes ces mains, de tous ces sexes, une promesse utopique mais une promesse quand même.

    Juste arrivée à Paris, je n’avais rien, pas de logement, alors un creux de trottoir me suffisait. A côté  d’une boulangerie si délicieusement odorante. Je n’avais pas d’argent mais juste sentir ce beurre chocolaté était déjà un confort sans nom.

    Je me suis posée, assise contre cette vitrine, fatiguée, épuisée par l’aventure ferroviaire, je fermais mes yeux, enfin.

    Je rêvais d’un monde meilleur, je n’avais pas d’envies spéciales, juste être là, tranquille, seule loin du tumulte familial. Je fermais les yeux.

    Et puis dans la nuit, des cris, des coups, deux hommes sortis de nulle part, et mon corps a de nouveau été le théâtre de deux viols. Pas par ma famille mais par deux inconnus. Encore plus effrayant que mes violentes habitudes familiales…

    C’était comme si cela était écrit, mon corps ne servirait qu’à cela, rien n’avait de sens ici ou ailleurs. Mon corps choqué s’est rebellé cette nuit-là et j’ai perdu la voix.

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