par
Jean MEILHOT
Et ce tutoiement là avait un autre grain
Sous tes paupières
On battait le chagrin
Sur ta peau
Je léchais des cristaux
Une traînée de sel
Horripilait la nuit
Là-haut
Il rayonnait un chat
A la langue râpeuse
Ses triangles son échine
Son corps entièrement
Et même ses moustaches
Nous les avions taillés
Pointés dans les étoiles
L’une d’elles
Soudaine et câline
Où tu cachais ta bouche
A offert son sillage
Comme on retire un gant
C’était comme un signal
Sous les caresses les baisers
Il nous venait des aubes
C’étaient des aubes corporales
Avides
Furtives et vitales
Et puis
Tu t’es mise à sourire
Et à sourire encore
Parce que sous nos yeux
Comme retombé sur terre
Le chat nonchalamment
Marcha dans les délices