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DESCRIPTION:Quichotte\nD’après Miguel Cervantes, mise en scène Gwenael Morin\nParis-Villette\nGwenael Morin est un perturbateur. On connaît ses habitudes, pas de costumes (Bérénice en jean et en top rose), pour décor des bouts de carton avec des trucs écrits au feutre, soulignant les imperfections du texte au lieu de les gommer, ce qui paradoxalement met en valeur la pensée profonde du texte (Des coups de cymbales soulignant les quinze « Hélas ! » dans Bérénice, la lecture à haute voix des nombreuses didascalies dans Les Justes, où les silences sont accentués par des noirs), des digressions musicales (au milieu de Bérénice, toute la troupe chante Da Da Da). Et aussi le genre du personnage pas toujours en accord avec celui de l’interprète.\nC’est le cas dans Quichotte, le Chevalier à la triste figure est interprété par une comédienne, pas n’importe qui : c’est Jeanne Balibar, en chemise de nuit rose qui sera Don Quichotte. Elle revêtira parfois une armure en carton, se coiffera d’un heaume-carton d’emballage, brandira une épée de bois et une lance de même matière. Au début, un narrateur androgyne nous fera une lecture du texte, mis en action par la comédienne. La magie de Gwenael Morin et le talent de Jeanne Balibar font que l’on y croit. Le texte est parfois entrecoupé de chansons en espagnol, et les scènes d’auberge sont assez plaisantes.\nAu bout d’une heure arrive la scène où l’on brûle la bibliothèque de Don Quichotte. Hélas, comme il n’est plus question des « exploits » du Chevalier, l’intérêt retombe, et bien que le spectacle de dizaines de livres projetés avec violence contre le mur crée un grand malaise, la durée de la scène fait que l’on s’ennuie un peu. Puis on propose un jeu aux spectateurs : lever les bras, puis les agiter à droite, à gauche… Nous voilà au Club Med ? Mais non, on nous explique que nous, spectateurs, sommes les fameux moulins à vent. Et la magie repart.\nGwenael Morin avoue avoir eu beaucoup de mal à choisir des scènes dans le roman de Cervantes. Ce qui explique que le spectacle laisse une légère impression de décousu, de mal maîtrisé. Pourquoi, par exemple, les comédiens (et comédienne) se retrouvent-ils en slip (et soutif) pendant une grande partie de la pièce ? Et le déplacement interminable de jardin à cour des quelques tables qui forment le décor…\nIl paraît qu’au festival d’Avignon des spectateurs quittaient la représentation en plein spectacle. C’est immérité, cependant on reste un peu sur sa faim.\n \nJean-pascal\n
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